Aujourd’hui, je vous parle de l’application Yuka. Yukaquoi ? Mais si ! Vous savez, l’application à la carotte qui vous aide à décoder les étiquettes de vos aliments et de vos produits cosmétiques ! Puisque chez l’hexagone, on aime surtout manger, je vais uniquement développer la partie de l’application qui concerne les produits alimentaires.

Pour ceux qui ont besoin d’un rattrapage, je vais commencer par vous présenter Yuka.

Comment fonctionne Yuka ?

Yuka est une application disponible sur iOS et Android.  Pour l’utiliser il suffit de scanner le code barre du produit que vous souhaitez analyser. L’application vous affiche alors une note sur 100 accompagnée d’une couleur pour résumer la qualité du produit.

Vert foncé = excellent

Vert = Bon

Orange = Médiocre

Rouge = Mauvais

Cette note prend en compte plusieurs critères :

La qualité nutritionnelle (60 % de la note selon Yuka). Pour avoir un bon score, le produit doit être faible en calories, en sucres, en sel et en graisses saturées. Il doit aussi contenir une bonne quantité de protéines, de fibres et de fruits et légumes. Ce critère se base sur la même méthode de calcul que le Nutri-score (les notes A/B/C/D/E qu’on peut trouver sur certains produits alimentaires.

La présence d’additifs (30 % de la note selon Yuka). Chaque additif a un niveau de risque affecté en fonction de l’état de la science à leur sujet. Plus un additif est jugé risque, plus il affecte la note du produit

La dimension biologique (10% de la note selon Yuka). Pour avoir cette partie de la note, le produit doit disposer du label bio français ou européen

Dans certains cas, Yuka vous propose une alternative meilleure pour votre santé. Parce que le but de cette application est surtout de vous aider à mieux manger.

Graphique yuka

Ce que j’aime avec Yuka

Simple et visuel

Le premier avantage de Yuka, c’est sa simplicité d’utilisation. Il suffit de scanner le code barre pour avoir un aperçu résumé de la qualité du produit. Grâce à la note sur 100 et le code couleur associé, il est possible en quelques secondes de savoir si le produit est plutôt bon ou mauvais.

Cette application nous apporte des informations objectives qui nous préservent des allégations et de l’apparence parfois trompeuses des emballages. En effet, de nombreuses marques se servent de codes graphiques ou de certains mots ou tournures de phrases pour faire croire que leurs produits sont bons pour la santé. On parle de healthwashing (le cousin du greenwashing et du frenchwashing). On peut citer McDonald’s France par exemple qui a changé son identité graphique avec la couleur rouge remplacée par le vert et beaucoup d’éléments en bois.

Healthwashing Greenwashing

D’ailleurs, en parlant de greenwashing, Yuka a prévu de lancer l’Eco-score dès le 22 février 2021. Il s’agira d’un indicateur évaluant l’impact environnemental des produits alimentaires en leur attribuant une note entre A et E. Il prendra en compte plusieurs critères pour évaluer les produits :

– L’impact lié à la culture et l’élevage

– Le processus de transformation

– Le type d’emballage et sa recyclabilité

– Le mode de transport et la distance parcourue du produit

– Les labels environnementaux liés aux modes de production

– L’origine

– L’impact sur la biodiversité

Additifs clairement signalés

La présence d’additifs est souvent difficile à déterminer. Il en existe tellement de différents ! Plus de 320 additifs alimentaires sont actuellement autorisés en Europe, selon Foodwatch. Et chacun d’entre eux peut se cacher dans la liste des ingrédients sous différentes formes. Par exemple, l’aspartame, un édulcorant soupçonné très controversé, peut également apparaître sous l’appellation « E951 ».

Pourtant, on sait aussi que certains additifs ne sont pas du tout nocifs. Il ne faut pas forcément rejeter tout aliment qui contiendrait un ingrédient en « E… ». Par exemple, le E100ii est le numéro attribué au curcuma. Cette épice, couramment utilisée en tant que colorant jaune, a aussi de nombreux bienfaits sur l’organisme.

Additifs yuka

Ce n’est donc pas toujours facile de s’y retrouver… C’est là que Yuka nous facilite la tâche en mettant en évidence tous les additifs présents dans le produit scanné. Chaque additif est affecté d’un niveau de risque, déterminé en fonction de l’état des recherches à son sujet, accompagné d’un code couleur :

vert = sans risque

jaune = risque limité

orange = risque modéré

rouge = risque élevé

Le saviez-vous ?

A l’origine et jusqu’au mois d’août 2020, les hexagones étaient fabriqués avec de l’extrait de stévia. Cet ingrédient est un édulcorant issu d’une plante, la stévia. La plupart des études faites à son sujet montrent que l’extrait de stévia est sans danger pour les populations. Pourtant, Yuka joue la carte de la prudence et classe cet additif en « risque limité ». Il n’y a probablement pas encore assez d’études, ni de recul à son sujet pour le classer « sans risque ». L’avis de Yuka, mêlé au fait que le processus de fabrication de l’extrait de stévia est complexe et va à l’encontre du credo de l’hexagone, qui est d’utiliser des ingrédients bruts ou très peu transformés, m’ont poussé à revoir la recette de mes hexagones pour supprimer l’extrait de stévia. Aujourd’hui, les hexagones contiennent du miel d’acacia, beaucoup plus naturel !

Indépendance

Yuka se revendique 100% indépendante : elle ne fait aucun partenariat avec les marques. D’ailleurs, cet article n’est pas du tout le fruit d’un partenariat avec eux, c’est moi seule qui ai décidé d’écrire au sujet de Yuka, sans contrepartie de leur part.

Pour financer l’application gratuite, Yuka dispose de 4 sources de revenus : la version payante de l’application avec de plus de fonctionnalités, le livre Yuka « Le guide de l’alimentation saine », le calendrier de fruits et légumes de saison et un programme de nutrition.

En tant que consommateur, c’est rassurant de savoir que Yuka n’a aucun intérêt à favoriser l’une ou l’autre marque. En effet, elle peut informer en toute transparence sur les qualités et les défauts de chaque produit sans être influencée par un conflit d’intérêt.

Ce que je n’aime pas

Pas toujours pertinent

Parfois, certains défauts ne sont pas très pertinents et font baisser la note globale du produit sans que cela ne soit vraiment mérité. Par exemple, lorsque je scanne l’huile de colza que j’utilise personnellement dans ma cuisine, Yuka donne une note de 78/100. Nous sommes d’accord, c’est une bonne note. Mais si on regarde de plus près les défauts qui justifient les 22 points qui la séparent d’une note de 100/100, voici ce que Yuka nous affiche :

Yuka huile colza

Mon huile de colza est « trop calorique » ! Mais en même temps, c’est une huile, donc c’est plutôt normal qu’elle soit composée à 100% de lipides. Or, 1 g de lipide fournit une énergie de 9 kcal. C’est cohérent avec ce que nous dit Yuka : l’huile de colza apporte 900 kcal pour 100 g.

L’huile de colza est excellente pour la santé (je vous invite à lire l’article « Le gras c’est la vie ! » à ce propos). Selon moi, la densité calorique de l’huile de colza ne constitue pas en soit un défaut. L’huile de colza a tout à fait sa place dans une alimentation saine et mériterait selon moi une note beaucoup plus proche de 100/100.

Personnellement, je ne tiens jamais compte du défaut « trop calorique » lorsqu’il apparait sur Yuka. J’accorde beaucoup plus d’importance à la présence d’un additif controversé ou d’une quantité importante de sucre ou d’acides gras saturés. Et si vous utilisez Yuka, je vous invite aussi à prendre du recul sur les différents critères positifs et négatifs mis en avant par l’application.

Colza

Pas de code barre = pas de Yuka

Pas de code barre pas de yuka

Puisque l’application fonctionne grâce au scan des codes à barres, il y a plusieurs situations où son utilisation est impossible.

Il faut savoir qu’apposer un code à barres sur son produit n’est pas une obligation pour les fabricants. Il permet juste d’identifier un produit de manière unique et de simplifier la gestion d’un stock dans un magasin par exemple. Mais pour beaucoup de petits artisans et producteurs, ce code n’a pas d’utilité. Ces fabricants font donc le choix de ne pas en mettre. Pour tous ces produits sans code à barre, il sera impossible de trouver les données qui les concernent et donc l’évaluation de Yuka.

De même, si vous faites vos courses en ligne pour aller les récupérer au drive de votre supermarché, vous n’aurez pas accès aux codes barre des produits que vous achetez au moment de les choisir sur le site internet.

Pas très pratique pour faire les courses

Supermarché

Faire les courses n’est pas une partie de plaisir pour moi. Quand je fais mes courses, j’arrive avec une liste préparée à l’avance et je vais à l’essentiel pour perdre le moins de temps possible. En moins de 30 minutes, c’est fait !

Si vous commencez à scanner chaque article dans Yuka avant de le mettre dans votre chariot, vos courses risquent de durer 2 heures !

Si comme moi, vous n’avez pas cette patience, vous pouvez commencer par scanner les aliments que vous avez dans vos placards et dans votre frigo. Vous aurez déjà une bonne idée des aliments que vous devriez continuer de consommer ; et au contraire, de ceux que vous devriez remplacer par une alternative plus saine.

En résumé

L’application Yuka est un très bon outil pour nous aider à bien manger. Il a le mérite de nous interpeler sur la qualité des produits que nous consommons. Son utilisation est facile et le code couleur nous permet d’identifier en un coup d’œil la qualité d’un produit. C’est beaucoup plus simple et ludique que de chercher les informations sur les étiquettes des produits.

Mais il faut faire attention à ne pas jurer que par Yuka. Il faut savoir prendre du recul sur les informations que nous montre l’application. Yuka n’est qu’un outil parmi d’autres qui vous donne son point de vu sur la qualité de vos aliments. Mais il vous appartient de continuer à vous renseigner par d’autres moyens (livres, articles, podcast, etc) pour construire votre alimentation idéale. Votre alimentation doit prendre la qualité des aliments mais aussi vos contraintes personnelles (convictions, religion) et surtout vos envies !

Moi par exemple, j’adore le chocolat ! Il est donc indispensable pour moi que mon alimentation inclue cet aliment. Heureusement, il est tout à fait possible de construire une alimentation équilibrée en mangeant un carré de chocolat  noir par jour. Et ce, même si Yuka note mon chocolat 58/100 parce qu’il contient beaucoup d’acides gras saturés.

Donc en résumé, utiliser Yuka est un bon moyen de bien manger à condition de le faire avec bon sens et discernement. Et en gardant toujours un œil critique sur ce qu’on vous dit. Mais ça, bien-sûr c’est valable dans tous les domaines.

Et vous ? Vous scannez ce que vous mangez avec Yuka ?

Pour aller plus loin

Si vous souhaitez en apprendre plus sur la nutrition, apprendre à bien manger et découvrir plein de recettes saines et gourmandes, je vous recommande « le guide de l’alimentation saine » de Yuka. Il est facile à lire avec de chouettes illustrations !

Portrait Pauline

Article : Pauline Fournier.

Photos : Mehdi Bouchareb et Pixabay.

Janvier 2021

Références :

Site internet de Yuka : https://yuka.io/

Site internet de Foodwatch (organisation à but non lucratif qui se bat pour une alimentation plus transparente, sans risque, saine et abordable) : https://www.foodwatch.org/fr/accueil/


1 commentaire

Sandrine12 · 12 février 2021 à 9 h 05 min

Merci pour les informations intéressantes! Cette application est en effet très utile, en supermarché on peut tout trouver et j’avais toujours peur que la plupart des produits ne soient pas très naturels.

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